lundi 13 mars 2017

Assurance vol !


De nos jours, dans n’importe quel livre que vous pouvez avoir en main, vous trouverez dans les premières ou les dernières pages un symbole ©, indiquant que l’ouvrage est protégé, que les droits d’auteurs doivent être respectés…


Car tous les auteurs craignent d’être plagiés, ou pire (ça s’est vu) qu’un autre s’empare de son texte et le fasse paraître sous son propre nom dans un autre pays, une fois dûment traduit.

Mais savez-vous qu’avant l’invention de l’imprimerie, c’est le vol du livre en lui-même qu’on craignait ?


 

En effet, au moyen-âge, la fabrication d’un seul livre prenait énormément de temps, parfois plusieurs années. Des copistes, le plus souvent des moines, écrivaient et enluminaient à la main, page après page uniquement à la lumière du jour, l’emploi des bougies étant jugé dangereux, et une fois finis, ces ouvrages devenaient donc des biens rares et d’une grande valeur. À tel point qu’une ou deux douzaines de livres constituaient une belle bibliothèque. Leurs propriétaires avaient donc tout intérêt à protéger ces précieux fascicules…

Et pour cela, ils faisaient inscrire, en préface ou en guise de conclusion, quelques lignes de menace à l’intention d’éventuels voleurs. 
 


 

Marc Drogin, auteur et illustrateur, spécialiste du sujet, dans son livre intitulé Anathema ! Medieval scribes and the history of the book curses, dresse un inventaire de ces formules. Il précise qu’elles étaient « le seul moyen de protéger les livres » et étaient dissuasives parce que « par chance, c’était une époque où les gens croyaient à la réalisation des mauvais sorts ». Voici trois exemples de ces incantations :


Que l’épée de l’excommunication puisse occire celui qui osera dérober ce livre.


À quiconque volera ce livre : qu’il meure, qu’il soit jeté dans un poêle, que la maladie et la fièvre s’emparent de lui, qu’il soit écartelé et pendu. Amen.


Puisse celui qui volera ou endommagera ce livre être banni de ma communauté et considéré comme un être infréquentable.


La dernière est un peu moins définitive, mais l’on voit qu’à cette époque, on ne rigolait pas avec les livres !


Et vous ? Comment marquez-vous les livres que vous prêtez, pour être sûr qu’ils reviennent ?


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